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De source proche du défunt, Ipando Jean-Jacques, maire de Moloundou a préféré le suicide à l’humiliation d’un embastillement.
A Doumé, l’ancien maire James Awala pourchassé par des réseaux qui trouvent leur épicentre à la Présidence de la République est sans domicile fixe pour échapper au lasso errant de ses censeurs. A Lomié, Tala Tala Blondeau éjecté au forceps de l’hémicycle et traduit au conseil de discipline (RDPC) est reproché d’avoir « pactisé » avec l’opposition, info ou intox, tout laisse à croire que l’environnement faisandé dans cette partie du pays sent bien du roussi. Des exemples parmi mille.
Le renouvellement des organes de base du RDPC n’a pas été d’un blanc immaculé. Quelques tâches sont perceptibles sur le drap RDPC, et les villes de Bertoua et Batouri ont volé la vedette, sur la base des élections entachées de fraudes. Dans la Région de l’Est, toutes les sections RDPC ont été officiellement installées, à Bertoua les apparatchiks du comité central ont opté pour le fait accompli. Louche.
Pendant qu’on croyait le carrousel des maires de la Région de l’Est terminé au Contrôle Supérieur de l’Etat (Consupé) et au Tribunal Criminel Spécial (TCS), c’est de Mbang qu’éclate la bombinette.
Décryptage
Lors des préliminaires de 2013 à Mbang, le maire en poste Ngozamba est opposé à Mme Bonde Marthe, épouse de l’ancien ministre des Mines et membre du bureau politique du RDPC. A la suite d’une campagne houleuse faite de tractations de coulisses et volte-face sans précédent, le maire Ngolzamba rempile. Selon les proches du maire Ngolzamba, la pilule avait été dure à avaler par le ministre, pour qui l’humiliation fût totale. Il se mit donc à ronger son frein. Entre temps, le maire Ngolzamba incidemment ou non est convoqué au Contrôle Supérieur de l’Etat pour des auditions à n’en plus finir. Le TCS prend ainsi la relève jusqu’à sa mise en détention survenue en fin Décembre 2015.
Les causes ont-elles produit les mêmes effets ? Toujours selon les proches du maire aujourd’hui détenu, il y aurait anguille sous roche. Et la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase, serait donc les récents renouvellements des organes de base du RDPC. Le clan Bonde présente comme candidat, Barrawe comme président, Koura, le secrétaire particulier du ministre, comme vice-président de la même liste et à l’OFRDPC Mme Abanda. Le clan Ngolzamba présente comme président RDPC, le Dr Ngouebeng Ignace, Mouakeya Odile Solange a l’OFRDPC et Mobe Arsène a l’OJRDPC. Au final, le clan Ngolzamba remporte d’une victoire écrasante, et quelques semaines plus tard le maire Ngolzamba est écroué après audition au TCS.
Après ouverture de la boîte de pandore, on ne s’embarrasse plus à reconnaitre que c’est une poignée de conseillers municipaux, qui auraient imité les signatures des chefs de village, et sur la base d’une dénonciation ont saisi le Consupé et le TCS.
Une incroyable volte-face des chefs de villages il y a quelques jours qui viennent d’écrire une pétition, et dans la foulée ne reconnaissent pas avoir participé à la mascarade. Des éléments nouveaux qui viendront sûrement relancer l’enquête. Qu’importe, le maire Ngolzamba se trouve actuellement derrière les « violons ».
Aujourd’hui, les preuves alléguées s’écroulent comme un château de cartes. Les ETS Pollidor qui ont construit l’Hôtel de ville ont honoré leur contrat et la première phase a coûté 80 000 000 frs. Les ETS FIFI ont effectivement construit un bloc de 2 salles de classes à Mbama, les travaux ont été exécutés. Les ETS Asona ont bel et bien construit la brigade d’Atsieck, les travaux ont été exécutés. Dans ce même village (Atsieck) les ETS ICA ont ouvert une route à concurrence de 70 000 000 et les travaux ont été exécutés. La taxe foncière a été régulièrement prise en comptabilité (compte administratif 2009). Les épaves des pick-up délaissés ont été déclassées et bien d’autres charges sont balayées d’un revers de la main.
Les pétitionnaires accusent le maire d’avoir détourné 2 milliards 200 millions de francs, alors que la redevance forestière s’élève à 200 000 000 de frs CFA, qui peuvent s’évaluer au budget de fonctionnement. Un conseiller municipal de Mbang est perplexe, « pour eux, le maire Ngolzamba aurait donc détourné toute la redevance forestière pendant la durée de ses 2 mandats ? » ce qui parait irréalisable au regard des charges incompressibles liées au fonctionnement. A Mbang trop c’est trop, crie-t-on çà et là, un homme politique courroucé ne cache pas sa vermine, « j’espère que ces élites iront seules voter le président Paul Biya ? ». Un autre les yeux hagards pose un problème de fond « comment peut-on écrouer un individu qui plus est élu du peuple sur la base de la rumeur dans un Etat de droit ? Arrêtez d’abord et chercher les preuves après. En réalité, je ne crois plus en mon pays ».
La Région de l’Est continue doucement mais sûrement sa descente aux enfers guidée par une Elite politique incapable de servir de tête de proue. Pour le président Paul Biya, plusieurs ministres de l’Est n’ont rien compris “des têtes à claques” et ne savent même pas pourquoi ils sont souvent nommés, sinon pourquoi tous les ministres de l’Est qui ont perdu leurs portefeuilles au ministère des Mines n’ont plus jamais été renommés ? il faut préciser que dans leur dénonciation ces conseillers municipaux avaient précisé que tous ces travaux n’avaient pas été exécutés sans présenter la moindre preuve. Aujourd’hui les responsables de ces Etablissements détiennent les preuves que ces travaux ont été exécutés, et les bâtiments construits et autres documents font foi, pourquoi donc avoir mis la charrue avant les bœufs ?
Joël Eyango