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Le 05 Avril dernier, le Chef de l’Etat par décret N° 2016/177 du 05 Avril 2016 nommait M. Gall Charles, administrateur Civil Principal comme Préfet du Département du Mayo-Banyo, Région de l’Adamaoua. Le Lom et Djerem sort donc d’une hibernation qui aura pratiquement duré un demi-siècle. En revisitant les calendes grecques, l’on se souvient que Son Excellence Félix Sabal Lecco de respectée mémoire et originaire du Lom et Djerem fut en 1963 le tout premier Préfet noir du Département du Lom et Kadey avec comme capitale Batouri, après de brillantes études à l’Institut des Hautes Etudes d’Outre Mer à Paris. Période au cours de laquelle, il côtoya le Président actuel du Cameroun, M. Paul Biya qui également dans ce landernau hexagonal se familiarisait au droit et à la science politique avec une aisance qui eût étonnée même chez un diseur d’orales. Leurs trajectoires sont connues et récitées de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur du triangle national. Le frais émoulu Gall Charles n’en est pas si éloigné. Il fait dans l’Enseignement comme le défunt patriarche, l’un directeur d’école à l’école publique d’Obala à l’époque de Mathusalem et l’autre directeur d’école à l’école publique de Bouam (arrondissement Diang). Pendant que le patriarche s’envolait pour l’Europe affiner les techniques administratives, le jeune Préfet intuitif, alerte et d’une intelligence distinguée, caracolait et tutoyait les sommets à l’ENAM, un administrateur civil principal dont les camarades de promotion bénissent encore le souvenir. Ils sont l’un et l’autre originaires de l’arrondissement de Bélabo.
L’observateur averti avait déjà subodoré un parcours exemplaire du Préfet du Mayo-Banyo. Il n’a pas été un « Chef de terre » de brousse, il a exercé et fait exécuter dans les chefs lieux de Départements. Premier adjoint préfectoral à Ngaoundéré, sous-préfet de Yokadouma, sous-préfet de Bangangté. Quelques détails qu’il faut également prendre en considération : il a remplacé à Yokadouma M. Samba Dieudonné devenu Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Bertoua, puis Conseiller Spécial à la Présidence de la République. Ensuite, il a quitté Bangangté village de la deuxième personnalité de la République, le président du Sénat Niat Djifendji Marcel, pour être nommé Préfet. Il faut vraiment montrer pattes blanches pour sortir indemne de ce bourbier tchétchène. Il est resté à équidistance des différents groupes de pressions politiques si voraces dans cette contrée, et il faut vraiment avoir fait preuve de qualités exceptionnelles pour qu’une ville aussi sensible serve de rampe de lancement. De source concordante, la ville de Bangangté pleure un Sous-préfet à la poigne sévère et au Cœur du Dalaï-lama. Les populations du Mayo-Banyo s’accommoderont très vite de cet administrateur civil principal, excellent modérateur, doté d’un sens très élevé des valeurs républicaines, ses collaborateurs affirment qu’il a toujours su user de tact, sagesse et intelligence. Les militants du RDPC du Lom et Djerem ont également une bonne raison de gonfler leurs muscles. Le Préfet Gall Charles a été secrétaire Général adjoint de la grande section RDPC Lom et Djerem Sud lors du retour triomphal du défunt président Samba Letina Alphonse aux affaires. Sur le plan politique toujours, il a été conseiller municipal à la commune de Bélabo. Les militants RDPC se souviennent d’un homme travailleur et engagé. Il faisait partie du triumvirat avec feu Doko Nana André et Wapié Jean-Pierre (ancien maire de Bertoua 1er). Ils ont assuré lors de la période transitoire donnant ainsi un visage plus rayonnant au RDPC et grâce à eux, le jeunesse politique du Lom et Djerem a gagné en audace.
Qu’il n’y ait donc pas dans le ciel de M. Gall Charles de nuages, s’il y en a, qu’ils aient le parfum et la couleur des roses. Et, cette chrysalide admirée de tous, doit devenir le papillon enchanteur qui fera rayonner le Lom et Djerem et avec quelques impavides renovateurs, ils feront partie de cette nouvelle race de lépidoptères qui ne s’abattront plus sur le Lom et Djerem comme un essaim de criquets sur un champ de blé.
Malheureusement, que le côté doré de la médaille du Lom et Djerem cache bien un côté sombre voire méphistophélique. Un sénateur de la Région de l’Est n’arrête plus de surprendre, qu’elle perte ! Et pourtant, il avait fait rêver toute une jeunesse et cristalliser en lui toutes les envies. Tout cela hélas ne fut que chimérique, car il est très vite ébloui par les feux des projecteurs, et contrefait par les tréteaux de la rampe. Au-delà, il semble avoir perdu le nord.
Le 06 Février dernier à Bertoua, lors de la cérémonie relative à l’appel à candidature des élites de la Région de l’Est sous la bienveillante conduite de Mongui Sossomba Janvier, Délégué permanent du RDPC pour l’Est, ce jour là, dans un cadre privé et devant plusieurs personnalités, le sénateur s’est fendu d’un discours à la fois asymétrique et trivial. Quelques morceaux choisis : s’adressant à son fils « spirituel », « tu n’iras plus pratiquer la politique à l’Ouest. Je donnerai des ordres au maire actuel pour que tu fasses partie de sa liste », avant d’emprunter un autre couloir, « Je ne vais plus saluer le sénateur Ndanga Ndinga Badel, il m’a fait envoyer en forêt présider les renouvellements des organes de base du RDPC », avant de péter les plombs, « Je jure au nom de Dieu, tant que je suis en vie, Wapié Jean Pierre (Ancien maire de Bertoua 1er, ndlr) ne sera plus rien ». Silence de mort dans ce club privé, « Gaston Lagaffe » venait encore de frapper.
Le 24 Mars dernier, lors du 32e anniversaire du RDPC, il a remis ça dans la cité des rails, alors qu’il représentait le Comité Central du RDPC, sans vergogne il déclara à contretemps, « je vais déshabiller tous les maires de cette ville » devant à peine une vingtaine de militants, car ils ont décidé de bouder l’évènement afin de ne plus écouter les hérésies de ce personnage ambigu.
Mais cette image ne dépare en rien l’enthousiasme avec lequel les populations du Lom et Djerem ont accueilli la nomination de Préfet Gall Charles, qui devient la plus grande personnalité de l’arrondissement de Bélabo. Toutefois une réalité saute à l’œil, à l’évidence, certains ministres originaires de l’Est ignorent comment fonctionne le système. Des personnalités, devenues ministres ne savent hélas pas pourquoi elles ont été nommées. Sinon, comment comprendre pourquoi tous les ministres des Mines originaires de la Région de l’Est, lorsqu’ils perdent leurs postes n’ont jamais changé de portefeuilles, encore moins été renommés ? Le Cameroun est un Etat complexe et profond, en 1987 lors de la visité d’Etat du Président de la République en France, il a jeté un pavé dans la marre en répondant à la question du journaliste Ives Mourousi, le Chef de l’Etat disait en substance, « le Cameroun est à l’image des Lions Indomptables, un football ordonné dans un désordre apparent ». c’est la même philosophie politique qui perdure au Cameroun depuis les indépendances.
Joël Eyango